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Effet de deux molécules de fer oral dans la prise en charge de la carence martiale chez les insuffisants cardiaques : une étude pilote à la Clinique Universitaire de Cardiologie (CUC) du CNHU –HKM de 2023 à 2024.

Effect of two oral iron molecules in the management of iron deficiency in heart failure patients: A pilot study at the University Cardiology Clinic (CUC) of CNHU-HKM from 2023 to 2024.

CODJO HL1, BAGLO AGBODANDE T2, ZANDA VOUGO MMM1, HOUNKPONOU M1, SOUMMONNI AF1, BOKODAHO MD1*, HOUNSOU MSYRN1, SAMPIL AY1, KPOHOLO SDM1, SAVI DM1, TETE MA1, NGOSSONG PFL1, DOSSOU D1, FADONOUGBO X1, AGBALIKA PH1, ZOHOUN CA2, SONOU DJA.1

 

RESUME

Introduction : La carence martiale est fréquente chez les patients insuffisants cardiaques et constitue un facteur aggravant leur pronostic. Cette étude visait à évaluer l'efficacité comparative de deux formes de fer orales (l’hydroxyde ferrique polymaltose (HFP) et le sulfate ferreux (SF)) dans la correction de la carence martiale chez les insuffisants cardiaques suivis à la Clinique Universitaire de Cardiologie (CUC) du CNHU-HKM de Cotonou.

Méthodes : Il s’agit d’un essai thérapeutique mené de janvier 2023 à août 2024. Les patients présentant une carence martiale ont été répartis en deux groupes recevant soit du HFP, soit du SF. L’évaluation a été réalisée trois mois après l’instauration du traitement. Les critères d’évaluation incluaient la correction de la carence martiale (critère principal), l’évolution de la classe fonctionnelle NYHA, la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG), la distance de marche au test de marche de six minutes et le taux de réhospitalisation.

Résultats : Au total, 148 patients ont été inclus. L’âge moyen était de 52,9 ± 17,6 ans et le sex-ratio de 0,94. Au début, 51,5% étaient au stade II de NYHA, 66,6% avaient une dysfonction systolique du ventricule gauche et la carence martiale observée chez 33,1%. Aucune différence n’était observée entre les deux groupes (HFP et SF).  Après trois mois, la correction de la carence a été obtenue chez 33,3% des patients (23,7% sous HFP, 43,5% sous SF). Une amélioration du NYHA, de la FEVG et de la distance de marche a été observée dans les deux groupes, sans différence statistiquement significative. La réhospitalisation était de 9,1% et la mortalité de 6%.

Conclusion : Le fer oral, qu’il s’agisse de HFP ou de SF, pourrait être une alternative thérapeutique dans la prise en charge de la carence martiale chez les insuffisants cardiaques.

 

MOTS CLES

Carence martiale, insuffisance cardiaque, traitement oral, Cotonou.

 

SUMMARY

Background: Iron deficiency is common in heart failure patients and is an aggravating factor for their prognosis. This study aimed to evaluate the comparative efficacy of two oral iron formulations (ferric hydroxide polymaltose (FHP) and ferrous sulfate (FS)) in correcting iron deficiency in heart failure patients followed at the Cardiology University Clinic (CUC) of CNHU-HKM in Cotonou.

Methods: This was a therapeutic trial conducted from January 2023 to August 2024. Patients with iron deficiency were divided into two groups, receiving either FHP or FS. The evaluation was performed three months after the start of treatment. Evaluation criteria included the correction of iron deficiency (primary endpoint), change in NYHA functional class, left ventricular ejection fraction (LVEF), walking distance, and rehospitalization rate.

Results: A total of 148 patients were included. The mean age was 52.9 ± 17.6 years, and the sex ratio was 0.94. At baseline, 51.5% were in NYHA class II, 66.6% had left ventricular systolic dysfunction, and iron deficiency was observed in 33.1%. No difference was observed between the two groups (FHP and FS). After three months, iron deficiency correction was achieved in 33.3% of patients (23.7% in the FHP group, 43.5% in the FS group). An improvement in NYHA class, LVEF, and walking distance was observed in both groups, with no statistically significant difference. The rehospitalization rate was 9.1%, and the mortality rate was 6%.

Conclusion: Oral iron, whether FHP or FS, could be a therapeutic alternative in the management of iron deficiency in heart failure patients.

 

 

KEY WORDS

 

Iron deficiency, heart failure, oral treatment, Cotonou.

 

 

1. Clinique Universitaire de Cardiologie du Centre National Hospitalier Universitaire Hubert KOUTOUKOU MAGA de Cotonou, Université d’Abomey-calavi, Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, Cotonou, Bénin.

2. Clinique Universitaire des Maladies du Sang du Centre National Hospitalier Universitaire Hubert KOUTOUKOU MAGA de Cotonou, Université d’Abomey-calavi, Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, Cotonou, Bénin.

 

Adresse pour correspondance 

BOKODAHO M. David

Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

La carence martiale constitue une comorbidité fréquente et cliniquement significative chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque (IC). En France, sa prévalence est estimée à 50 % dans les formes chroniques et peut atteindre 80 % dans les formes aiguës, cette fréquence augmentant proportionnellement à la sévérité de l’IC [1,2]. En Afrique, la situation est aggravée par des déterminants contextuels tels que la malnutrition persistante, elle-même conséquence de conditions socio-économiques précaires, ainsi que par la forte prévalence des parasitoses intestinales comme les helminthiases et le paludisme, qui contribuent à une perte chronique de fer et accentuent le déficit martial [3]. Une étude menée au Cameroun par Lonla Dele et al. a ainsi rapporté une prévalence de 56,4 % de la carence martiale chez les patients insuffisants cardiaques hospitalisés [4]. Face à cette situation, la supplémentation en fer intraveineux, notamment par l’hydroxyde ferrique polymaltose (HFP), a démontré son efficacité. Des revues systématiques et méta-analyses récentes ont montré une réduction de 17 % du risque combiné de mortalité cardiovasculaire ou de réhospitalisation, ainsi qu’une diminution de 14 % des hospitalisations pour insuffisance cardiaque [5,6]. Ces résultats ont conduit la Société Européenne de Cardiologie (ESC) à positionner l’utilisation du fer injectable dans la prise en charge de l’IC à fraction d’éjection réduite comme une recommandation de classe IIa [7].

En revanche, le traitement oral du fer présente des limites chez les insuffisants cardiaques. L’absorption intestinale est souvent compromise du fait de l’inflammation systémique chronique,  de  l’œdème intestinal et de l’augmentation des taux circulants d’hepcidine, peptide régulateur inhibant le transport du fer [8]. De plus, les essais cliniques n’ont pas démontré de bénéfices significatifs du fer oral sur la capacité à l’effort ou les événements cliniques majeurs dans cette population [8]. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire comme le Bénin, le dépistage de la carence martiale et l’accès au traitement par fer IV restent cependant limités par des contraintes économiques et d’approvisionnement, bien que leur impact sur le pronostic de l’insuffisance cardiaque soit reconnu. C’est dans ce contexte que la présente étude a été initiée afin d’évaluer l’efficacité du traitement martial oral chez les patients insuffisants cardiaques suivis à la Clinique Universitaire de Cardiologie du CNHU-HKM de Cotonou entre 2023 et 2024. Nous avons émis l’hypothèse que le traitement oral par l’hydroxyde ferrique polymaltose ou le sulfate ferreux corrigerait la carence martiale chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque à la CUC du CNHU-HKM de Cotonou.

  

 

METHODES

 

 

L’étude s’est déroulée dans l’Unité de Traitement de l’Insuffisance Cardiaque (UTIC) de la CUC du CNHU-HKM de Cotonou.

Il s’est agi d’un essai thérapeutique comparatif randomisé ouvert sur une période de 20 mois (Janvier 2023 à août 2024). L’étude a porté sur les patients insuffisants cardiaques gauches suivis à l’UTIC de la CUC durant cette période. Nous avons inclus ceux qui étaient âgés d’au moins 18 ans, consentants et qui avaient une carence martiale documentée. N’ont pas été inclus dans l’étude les patients qui avaient des contre-indications à l’administration de fer par voie orale (maladie de Crohn, syndrome de malabsorption) ou qui avaient été transfusés au cours de la période d’étude ou décédés avant le début du traitement.

La carence martiale a été définie, selon l’ESC 2021, de la manière suivante [7] :

-        Carence martiale absolue : ferritinémie < 100 ng/mL ;

-        Carence martiale relative : ferritinémie entre 100 et 300 ng/mL avec un coefficient de saturation de la transferrine < 20%.

Les patients éligibles ont été recrutés de façon systématique. Ils ont été randomisés de façon aléatoire, en deux groupes pour recevoir chacun, l’un des deux types de fer oral : hydroxyde ferrique polymaltose (HFP) et le sulfate ferreux (SF). L’attribution de chaque patient aux différents groupes de traitement s’est faite par tirage au sort du premier, à pas de 1 sur 2 pour le premier arrivant. La nature du fer prescrit était connue aussi bien du patient que du soignant chargé de son suivi.

L’administration de fer oral s’était faite chez tous les patients le matin à jeun, 30 minutes avant le repas, pendant 12 semaines à la posologie de 200 mg par jour.

Le calendrier de suivi de ces patients sur la période de trois mois (12 semaines) était le suivant : 

-        visite 1 : entre J7 et J10 pour examen clinique complet, et appréciation de la tolérance du traitement ;

-        visite 2 : au premier mois (M1) pour examen clinique complet et réalisation de l’hémogramme ;

-        visite 3 : au troisième mois (M3) pour examen clinique, hémogramme et bilan martial, test de marche de six minutes, réévaluation de la FEVG ;

-        visite 4 ; au quatrième mois (M4) chez les patients avec des anomalies biologiques persistantes après M3.

À chaque visite, l’observance et la tolérance du traitement ont été réévaluées. Les patients n’ayant pas normalisé leur bilan martial au bout de trois mois se sont vus proposer la poursuite du traitement pendant un mois supplémentaire. Les patients ont été régulièrement contactés par téléphone afin de renforcer l’observance thérapeutique et de dépister d’éventuels effets indésirables. Les effets secondaires éventuels ont été pris en charge selon leur nature.

Le principal critère de jugement était la correction de la carence martiale définie par l’obtention d’une ferritinémie > 100 ng/mL ou d’une ferritinémie entre 100 et 300 ng/mL avec un coefficient de saturation de la transferrine > 20 % après réalisation d’un bilan martial.

Les critères secondaires étaient :

-        la sévérité des symptômes (Stade de la New York Heart Association) ;

-        la tolérance à l’effort déterminée par le test de marche de six minutes (distance parcourue en mètres) ;

-        le nombre d’hospitalisations pour décompensation cardiaque.

L’évolution de la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) a été évaluée par échocardiographie transthoracique (ETT), en utilisant la méthode de Simpson biplan pour une quantification précise de la fonction systolique. L’analyse primaire des données a été réalisée, selon le principe de l’intention de traiter, pour chaque groupe d’étude. Le taux de correction de la carence martiale a été calculé parmi l’ensemble des patients inclus et séparément dans chaque groupe.

Les analyses de corrélation et de variance des paramètres étudiés ont été réalisées à l’aide du logiciel R, version 4.4.1. Les variables quantitatives continues ont été présentées sous forme de moyenne ± écart-type lorsque leur distribution était normale ; en cas de distribution non normale, la médiane accompagnée de l’intervalle interquartile (IIQ) a été utilisée. Les variables qualitatives ont été exprimées en effectifs et en pourcentages.
La comparaison des variables qualitatives a été effectuée à l’aide du test du chi² ou du test exact de Fisher, selon les effectifs. Les variables quantitatives ont été comparées à l’aide du test de Student (ou test de Mann–Whitney en cas de distribution non normale).
Un seuil de signification statistique fixé à p < 0,05 a été retenu. Les autorisations administratives ont été obtenues pour la conduite du travail. Le protocole a été approuvé par le comité d’éthique de Parakou sous le numéro 165/2024/CLERB-UP/P/SP/R/SA. L’étude a été menée conformément aux déclarations de Helsinki [9]. Tous les participants ont été informés de leur droit de participer ou non à l’étude et de s’en retirer à tout moment s’ils le souhaitent. Leur consentement écrit a été reçu. L’anonymat et la confidentialité ont été de règle lors de la collecte, du traitement et de l’analyse des données ainsi que de la rédaction du rapport.

 

 

 

RESULTATS

 

 

 

Fréquence de la carence martiale

 

Au cours de la période d’étude, 148 patients insuffisants cardiaques ont été suivis à l’UTIC. Parmi eux, 49 avaient une carence martiale. La fréquence hospitalière de la carence martiale était donc de 33,1 %. Cette carence était absolue chez 38 patients (77,5 %) et relative chez 11 patients (22,4 %). L’étude a finalement porté sur 33 patients répondant aux critères de sélection. Le détail de ces données est présenté à la figure 1.

 

Caractéristiques initiales des patients traités par fer oral (Tableau 1)

 

Les 33 patients inclus dans l’étude avaient un âge moyen de 52,9 ± 17,6 ans, avec des extrêmes allant de 21 à 85 ans. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 61 à 70 ans. La sex-ratio était de 0,94. L’hypertension artérielle et l’obésité générale étaient les facteurs de risque cardiovasculaire les plus fréquents, chacun retrouvé chez 33,3 % des participants. Aucune différence significative n’était notée entre les deux groupes de traitement en ce qui concerne la majorité des facteurs de risque, à l’exception de l’obésité et du surpoids, davantage présents dans le groupe HFP. Les comorbidités associées incluaient principalement l’insuffisance rénale (18,2 %), la consommation nocive d’alcool (12,1 %) et les antécédents d’ulcère gastrique ou duodénal (9,1 %).

Concernant les caractéristiques de l’insuffisance cardiaque, la majorité des patients était symptomatique au stade II de la NYHA (51,5 %). Aucun patient du groupe HFP n’était classé au stade IV, contrairement au groupe SF, où 18,8 % des patients l’étaient avant traitement. La distance médiane parcourue au test de marche de six minutes était de 284,0 mètres (IIQ : 219,0 ; 408,0). Cette médiane était de 396,0 m (IIQ : 312,0 ; 438,0) dans le groupe HFP contre 250,0 m (IIQ : 211,5 ; 268,0) dans le groupe SF, avec une différence significative entre les deux groupes (p = 0,031). Sur le plan étiologique, les cardiopathies étaient majoritairement d’origine ischémique (51,5 %) et hypertensive (42,4 %). La cardiomyopathie du péripartum était observée chez 18,2 % des patients. La fibrillation atriale était présente chez 42,4 % des patients. Globalement, une dysfonction systolique du ventricule gauche était observée chez 66,6 % des patients. Les moyennes de FEVG étaient comparables entre les deux groupes : 42,7 % pour HFP et 44,6 % pour SF, sans différence statistiquement significative (p>0,05).

En ce qui concerne les paramètres biologiques initiaux, la ferritinémie médiane était de 64 ng/mL sans différence significative entre les groupes. La carence martiale absolue était observée chez 90,9 % des patients. Elle était de 94,1 % dans le groupe HFP et de 87,5 % dans le groupe SF. Plus de la moitié des patients étaient anémiques (57,6 %), avec un taux hémoglobine médian de 12g/dL, équitablement répartie entre les deux groupes.

Les patients étaient sous furosémide dans 75,8% des cas. Le traitement de fond comportait les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (57,6%), antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II (9,1%), de l’anti-aldostérone (54,5%), les beta bloquants (69,7%). Aucun patient n’était sous inhibiteur de la néprilysine ni sous inhibiteur de cotransport sodium glucose. Les anticoagulants et antiagrégants plaquettaires étaient prescrits respectivement chez 42,4% et 33,3% des patients.

 

Efficacité de la supplémentation en fer oral sur la carence martiale chez l’insuffisant cardiaque (Tableau 2)

 

Le taux d’hémoglobine est resté stable après traitement, avec une médiane globale de 11,8g/dl. La variation absolue était en moyenne de –0,1 ± 1,6 g/dl, sans différence significative entre le groupe HFP (0,1 ± 1,7 g/dl) et SF (–0,3 ± 1,5 g/dl); p=0,5. L’anémie a été corrigée chez 04 patients (12,1 %) dont deux dans le groupe HFP (11,8 %) et deux dans le groupe SF (12,5%), sans différence significative (p=0,52). Tous présentaient une carence martiale absolue.

Après trois mois de traitement, la ferritinémie moyenne était de 88,7 ± 83,3 ng/ml dans le groupe HFP et 122,6 ± 97,1 ng/ml dans le groupe SF, sans différence significative (p=0,3). La correction de la carence martiale a été observée chez 11 patients (33,3 %) dont 4 patients sous HFP (23,5 %) et 7 sous SF (43,7 %), sans différence statistiquement significative entre les groupes (p=0,21). Vingt patients ont vu leur ferritinémie augmenter dont 9 sous HFP (52,3 %) et 11 sous SF (68,7 %), avec une augmentation médiane respective de 29,4 ng/ml et 35,6 ng/ml, sans différence significative (p=0,68).

Sur le plan de la tolérance, aucun effet indésirable n’a été enregistré aussi bien chez les patients sous HFP que sous SF

 

Efficacité de la supplémentation en fer sur la morbidité et la mortalité de l’insuffisance cardiaque (Tableau 3)

 

Globalement, une amélioration de la tolérance fonctionnelle selon NYHA est observée dans les deux groupes. À 3 mois, aucun patient sous HFP n’était au stade 3 contre 3 au départ. De même aucun patient sous SF n’était au stade 4 contre 3 initialement. Une amélioration du stade NYHA est notée chez 6 patients (35,3 %) sous HFP et 9 (56,3 %) sous SF, sans différence significative (p=0,5). Le test de marche de six minutes a été réalisé chez 21 patients ; les autres présentaient des contre-indications (HTA sévère ou handicap moteur). Après 03 mois de traitement, la distance médiane parcourue a augmenté globalement de 48m (IIQ: 0,0 ; 92,0), et spécifiquement de 62,5 m (IIQ : -44,0 ; 95,0) pour HFP et 28m (IIQ : 17,0 ; 64,0) pour SF, sans différence significative (p=0,66).

Après trois mois de traitement, la FEVG moyenne était de 44,1 ± 17,9 % sous HFP et 45,1 ± 17,3 % sous SF, sans différence significative (p=0,7). Une amélioration de la FEVG a été observée chez 4 sous HFP (23,5 %) et 2 sous SF (12,5 %), sans différence significative (p=0,71).

Au total, 03 patients (9,1%) ont été réhospitalisés pour insuffisance cardiaque. Deux de ces derniers étaient sous SF. Deux décès ont été enregistrés pendant notre étude après réévaluation thérapeutique de 3 mois soit une mortalité de 6%.  Ces patients étaient sous HFP. 

 

 

 

DISCUSSION

 

 

Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’effet de l’apport oral de fer sur la carence martiale et la morbi-mortalité de l’insuffisance cardiaque. La fréquence de la carence martiale de notre série était de 33,1%. Après trois mois de traitement par HFP (17patients) et SF (16 patients), cette carence martiale a été corrigée chez 11 patients (33,3%). Le taux de réhospitalisation était de 9,1% et la mortalité de 6%. Aucune différence n’a été observée entre les patients traités par HFP et ceux traités par SF.                                                                      Dans la discussion, nous analyserons ces résultats obtenus concernant la fréquence de la carence martiale, l'effet de l'apport oral de fer sur la carence martiale et la morbi-mortalité chez les patients souffrant d'insuffisance cardiaque.

 

Fréquence de la carence martiale

 

La fréquence de la carence martiale (33,1%) que nous rapportons est comparable aux données de Jankowska et al. en Pologne (37%). Des taux élevés rapportés par Dele Lonla (56,7 %) et Klip et al. dans une étude européenne multicentrique (50 %) [4,10,11] sont justifiés par la différence de taille des échantillons étudiés. Des taux encore plus élevés, atteignant 74 %, ont été rapportés en contexte d’insuffisance cardiaque aiguë, notamment dans les études de Cohen-Solal et Núñez [12,13]. Ces disparités reflètent des différences de stade évolutif (aigu vs chronique) au moment du recrutement, ainsi que l’influence de l’hémodilution et de l’inflammation sur les marqueurs biologiques comme la ferritine [12].

La prédominance de la carence martiale absolue (90,9 %) est en accord avec les observations de Núñez [13]. Les mécanismes en jeu incluent une mauvaise absorption liée à une alimentation inadéquate, une inflammation chronique, et les pertes digestives secondaires aux traitements. L’anémie, tout comme la carence martiale, est reconnue comme un facteur prédictif indépendant de mortalité dans l’insuffisance cardiaque. Certains auteurs, notamment Klip et al., ont même identifié la carence martiale comme un facteur pronostique plus puissant que l’anémie [11].

 

Efficacité de la supplémentation en fer sur la carence martiale

 

Au terme de notre étude, le fer oral a permis la correction de la carence martiale chez 33,3 % des patients, tous présentant une carence absolue. Par groupe, 23,5 % ont corrigé leur carence sous HFP contre 43,7 % sous SF, sans différence significative. Dans la littérature, la plupart des études compare le fer oral au placebo. Zdravkovic et al. en 2019, dans une étude réalisée sur 201 patients insuffisants cardiaques avec carence martiale, ont rapporté une amélioration significative quasi-similaire de la ferritinémie sous fumarate ferreux et sous hydroxyferrique polymaltose après 6 mois de traitement [15]. Dans notre étude, la ferritinémie a augmenté dans les deux groupes (HFP et SF), sans différence statistiquement significative, probablement en raison de la taille réduite de l’échantillon. Niehaus et al. en 2015 ont constaté une amélioration des paramètres hématologiques (ferritine, CST, hémoglobine) avec divers sels de fer oraux (sulfate ferreux ou fer polysaccharide ou gluconate de fer) dans une étude rétrospective portant sur 105 patients avec insuffisance cardiaque à FEVG réduite [22]. D’autres travaux notamment celui de Karavidas et al, Suryani et al, Beck-da-Silva et al, confirment l’effet positif du fer oral, bien que limité par la taille de leurs échantillons [14, 23, 24]. Song et al. dans une méta analyse réalisée en 2021, incluant cinq essais cliniques randomisés révèlent une amélioration non significative du statut martial par le fer oral [25].

L’étude Iron out réalisée en 2017 sur 225 patients insuffisants cardiaques à FEVG réduite a comparé le polysaccharose de fer administré par voie orale au placebo et a conclu à une amélioration minime du statut martial avec notamment une augmentation de 11ng/ml de la ferritinémie contre 550% rapportée dans Fair HF [16]. Les études avec fer injectable comme celle Fair HF et Effect HF montrent de meilleurs résultats notamment sur l’amélioration de la ferritinémie, suggérant une meilleure biodisponibilité du fer via cette voie [17,26]. Néanmoins, le fer oral reste une alternative efficace pour améliorer le statut martial.

Le taux d’hémoglobine est resté stable (11,8 g/dl avant et après). Seulement 12 % des patients ont corrigé leur anémie, sans différence significative entre les groupes. Certaines études soulignent l’effet limité du fer oral en raison des taux élevés d’hepcidine dans l’insuffisance cardiaque. Toutefois, des études comme celles de Zdravkovic, Karavidas, et Suryani rapportent une augmentation significative de l’hémoglobine [14,15,23]. À l’inverse, l’étude Iron HF n’observe pas de différence significative en ce qui concerne l’augmentation du taux d’hémoglobine entre les groupes recevant le saccharose de fer injectable, le sulfate ferreux oral et le placebo [24]. Par contre, Dans Ferric HF[27], une augmentation significative du taux d’hémoglobine est observée avec le carboxymaltose ferrique mais sans différence significative avec le placebo (p > 0.2).

Aucun effet indésirable n’a été rapporté dans notre étude. Les auteurs tels que Zdravkovic, Karavidas, Suryani, et Song confirment la bonne tolérance du fer oral, bien que des troubles digestifs mineurs aient été mentionnés [14,15,23,25].

Concernant la classe NYHA, sous HFP aucun patient n’est resté au stade 3 contre 3 à l’inclusion. Sous SF, plus aucun au stade 4. Bien que les améliorations observées (35,3 % vs 56,3 %) ne soient pas statistiquement significatives, elles sont cliniquement pertinentes. D’autres études notamment celles de Zdravkovic et al [15], Suryani et al [14], Beck-da-Silva et al [24] confirment l’amélioration du stade NYHA sous fer oral. En revanche, Karavidas et al ne retrouve pas de bénéfice significatif [23]. Le carboxymaltose injectable, selon les études Fair HF et Confirm HF, améliore significativement le stade NYHA [17,28].

Le test de marche de six minutes s’est amélioré chez 35,3 % (HFP) et 56,2 % (SF) de nos patients. Cette différence n’est pas significative, mais la tendance est positive. D’autres études comme celles de Zdravkovic et al, Karavidas et al, Suryani et al appuient ce résultat [14,15,23]. Manjunath et al note aussi une amélioration de la qualité de vie, des symptômes et de la capacité à l’effort sous fer oral [29]. À noter que les impacts positifs sont moindres que ceux obtenus avec le fer injectable. Au total, le fer oral permet, selon plusieurs études une amélioration significative de la capacité fonctionnelle déterminée par le test de marche de six minutes. Cependant, la plupart de ces études avaient porté sur de petits échantillons. L’épreuve d’effort avec mesure de la VO2 max n’a malheureusement pu être réalisée dans notre étude.

La FEVG s’est améliorée chez 23,5 % des patients sous HFP et 12,5 % sous SF, sans différence significative. Ce constat est cohérent avec les études de Suryani et Zdravkovic, qui rapportaient également une absence d’augmentation significative de la FEVG sous fer oral [14,15]. Même l’étude Ferric HF n’avait pas rapporté de changement significatif de la FEVG chez les patients sous fer injectable [27].

Concernant les réhospitalisations, 9,1 % des patients ont été réhospitalisés, sans différence significative entre les groupes. Ces chiffres sont similaires à ceux de Suryani (7,3 %) et Zdravkovic (12 %)[14,15]. La carence martiale est reconnue comme facteur de risque de réhospitalisation, d’où l’intérêt de la corriger.

Deux décès ont été enregistrés (6 %) sous HFP sans différence significative avec SF. Zdravkovic notait une mortalité de 13 %, sans différence entre les molécules [15]. Song et al, ne montre pas non plus de réduction de mortalité sous fer oral [25].

Les recommandations de l’ESC prônent l’utilisation du fer injectable, notamment carboxymaltose et dérisomaltose ferrique, sur la base de preuves solides d’amélioration des symptômes, de la qualité de vie et de la réduction des hospitalisations et de la mortalité [1,30,31].

En revanche, le fer oral n’est pas recommandé par l’ESC, principalement à cause des résultats de l’étude Iron out [16]. Toutefois, ses limites (durée courte, absence de comparaison avec le fer injectable) rendent ces recommandations sujettes à débat. Plusieurs études, dont la nôtre, suggèrent un réel bénéfice du fer oral dans la prise en charge de la carence martiale chez l’insuffisant cardiaque.

 

Limites et difficultés de l’étude 

 

La petite taille de l’échantillon limite la portée statistique de ces résultats si bien que les résultats ne sauraient être appliqués à la population générale. Néanmoins, les résultats obtenus encouragent à l’utilisation du fer oral dans l’IC.

Le fait que l’étude ne soit pas menée en double aveugle pourrait limiter sa validité interne en augmentant le risque de biais liés aux comportements des participants et des chercheurs.

Bien que l'étude ait permis d'observer des changements significatifs à court terme, la durée du suivi de 3 mois est relativement courte pour la reconstitution des réserves de fer. Des études de suivi à plus long terme (6 à 12 mois) sont nécessaires pour confirmer la persistance de ces bénéfices et leur impact sur la qualité de vie et le pronostic des patients.

 

 

 

CONCLUSION 

 

 

 

La carence en fer altère significativement les fonctions physiques et la qualité de vie des patients atteints d’insuffisance cardiaque. Bien que le traitement de référence repose sur l’administration de fer injectable, son coût élevé et la difficulté d’accès au carboxymaltose ferrique dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, comme le Bénin, entravent son utilisation systématique. À la CUC du CNHU-HKM, cette carence est fréquente (33 % des cas), principalement sous forme absolue (90,1 %). L’utilisation du fer oral, HFP ou SF a permis la correction du déficit chez un tiers des patients, avec une augmentation médiane (ferritinémie) respective de 29,4 ng/ml et 35,6 ng/ml, sans différence significative (p=0,68).

Une amélioration du stade NYHA et de la distance parcourue au test de marche de 6 minutes a également été observée. Aucun effet indésirable n’a été rapporté, suggérant que le fer oral pourrait constituer une alternative au fer injectable dans ces contextes, améliorant à la fois les symptômes et la tolérance à l’effort. Cette étude pilote, bien que prometteuse, appelle à des recherches plus larges et prolongées pour confirmer ces tendances et optimiser la prise en charge de la carence martiale en milieu défavorisé.

 

 Tableau 1 

Caractéristiques initiales des patients traités par fer oral (CNHU-HKM, 2023-2024, N= 33).

 

 

Groupe de traitement

Total n (%) [IC 95%]

p

HFP n (%) [IC 95%]

SF n(%) [IC 95%]

Age (en année)

 

 

 

 0,60

    Moyenne (ET)

 51,4 (17,7)

 54,5 (18,0)

 52,9 (17,7)

 

    Étendue

 25,0 ; 85,0

 21,0 ; 83,0

 21,0 ; 85,0

 

Sexe

 

 

 

 0,40

    Féminin

 10 (58,82) [35,4–79,2]

 07 (43,75) [23,1–66,8]

 17 (51,52) [34,8–67,9]

 

    Masculin

 07 (41,18) [20,8–64,6]

 09 (56,25) [33,1–76,9]

 16 (48,48) [32,1–65,2]

 

Hypertension artérielle

05 (29,4) [13,3–52,0]

06 (37,5) [18,5–61,4]

11 (33,33) [19,1–50,2]

0,60

Obésité générale

09 (52,9) [30,4–74,3]

02 (12,5) [3,5–36,0]

11 (33,33) [19,1–50,2]

0,01

Diabète

03 (17,6) [6,1–41,0]

04 (25,0) [9,0–50,0]

07 (21,2) [10,6–37,4]

0,70

Tabac

01 (05,9) [1,0–26,9]

00 (00,0) [0–19,0]

01 (03,0) [0,5–15,3]

> 0,9

Stade NYHA

 

 

 

0,40

    Stade 1

04 (23,53) [9,6–47,3]

03 (18,75) [6,6–43,0]

07 (21,21) [10,6–37,4]

 

    Stade 2

10 (58,82) [35,4–79,2]

07 (43,75) [23,1–66,8]

17 (51,52) [34,8–67,9]

 

    Stade 3

03 (17,65) [6,1–41,0]

03 (18,75) [6,6–43,0]

06 (18,18) [8,6–34,1]

 

    Stade 4

00 (00,00) [0–17,6]

03 (18,75) [6,6–43,0]

03 (09,09) [3,1–23,6]

 

FEVG (SBP)

 

 

 

 0,86

    < 41

 10 (58,8) [35,4 – 79,2]

 08 (50,0) [28,0 – 72,0]

 18 (54,5) [38,0 – 70,1]

 

    41 - 49

 02 (11,8) [3,3 – 34,3]

 02 (12,5) [3,5 – 36,0]

 04 (12,1) [4,8 – 27,0]

 

    ≥ 50

 05 (29,4) [13,3 – 52,0]

 06 (37,5) [18,5 – 61,4]

 11 (33,3) [19,1 – 50,2]

 

TAPSE < 17

 05 (29,4) [13,3 – 52,0]

 07 (43,8) [23,1 – 66,8]

 12 (36,4) [22,4 – 53,4]

 0,39

Taux d’Hb (g/dl)

 

 

 

 0,87

Médiane (Q1-Q3)

12,3(10,6 ; 13,0)

11,9 (10,8 ; 13,0)

12,0 (10,6 ; 13,0)

 

Anémie

 

 

 

 0,88

    Oui

 10 (58,8) [35,4 – 79,2]

 09 (56,3) [33,1 – 76,9]

 19 (57,6) [40,8 – 72,9]

 

    Non

 07 (41,2) [20,8 – 64,6]

 07 (43,7) [23,1 – 66,8]

 14 (42,4) [27,1 – 59,2]

 

Ferritinémie en ng/mL

 

 

 

 0,62

    Médiane (Q1-Q3)

 64,0 (54,1 ; 79,6)

 64,6 (43,4 ; 87,3)

 64,0 (50,5 ; 80,8)

 

Carence martiale vraie

 

 

 

 0,50

    Oui

 16 (94,1) [73,0 – 99,0]

 14 (87,5) [64,0 – 96,5]

 30 (90,9) [76,4 – 96,9]

 

    Non

 01 (05,9) [1,0–26,9]

 02 (12,5) [3,5 – 36,0]

 03 (09,1) [3,1–23,6]

 

  ET : écart-type ; NYHA : New York Heart Association ; FEVG : Fraction d’éjection du ventricule gauche ; SBP : Simpson Biplan

 TAPSE : Tricuspid Annular Plane Systolic Excursion ; Q1 : 1er quartile ; Q3 : 3ème quartile.

 

 

Tableau 2

Efficacité de la supplémentation en fer oral sur la carence martiale chez

l’insuffisant cardiaque après 3 mois de traitement (CUC/CNHU-HKM 2023-2024, N=33).

 

 

Groupe de traitement

 

Total n (%) [IC 95%]

 

 

HFP n (%) [IC 95%]

SF n (%) [IC 95%]

p

Correction de la carence martiale

 

 

 

 0,21

    Oui

 04 (23,5) [9,6 – 47,3]

 07 (43,7) [23,1 – 66,8]

 11 (33,3) [19,1 – 50,2]

 

    Non

 13 (76,5) [52,7 – 90,4]

 09 (56,3) [33,1 – 76,9]

 22 (66,7) [49,8 – 80,9]

 

Taux d’hémoglobine

 

 

 

 0,90

    Médiane (Q1-Q3)

 11,6(10,6 – 13,0)

 11,9 (11,5 – 12,6)

 11,8(10,8-12,9)

 

Evolution anémie

 

 

 

0,52

    Anémie de novo

02 (11,8) [3,3 – 34,3]

05 (31,3%) [14,2 – 55,6]

07 (21,2) [10,6 –37,4]

 

    Anémie persistante

08 (47,1) [25,0 – 70,0]

07 (43,8%) [23,1 – 66,8]

15 (45,5) [29,2 – 62,9]

 

    Non anémié

05 (29,4) [13,3 – 52,0]

02 (12,5%) [3,5 – 36,0]

07 (21,2) [10,6–37,4]

 

    Correction anémie

02 (11,8%) [3,3 – 34,3]

02 (12,5%) [3,5 – 36,0]

04 (12,1) [4,8 – 27,0]

 

Variation absolue ferritinémie (Baseline – M3)

     

0,15

    Médiane (Q1-Q3)

0,0 (-21,0 ; 29,4)

15,2 (-4,5 ; 62,3)

3,5 (-12,0 ; 53,9)

 

Variation positive absolue ferritinémie (Baseline – M3)

     

0,68

    Médiane (Q1-Q3)

29,4 (3,5 ; 73,3)

35,6 (15,2 ; 80,8)

33,7 (7,8 ; 74,4)

 

Q1 : 1er quartile ; Q3 : 3ème quartile ; M3 : 3 Mois 

 

 

 

Tableau 3 

Efficacité de la supplémentation en fer oral sur la morbidité et la mortalité chez

l’insuffisant cardiaque après 3 mois de traitement (CUC/CNHU-HKM 2023-2024, N=33).

 

 

Groupe de traitement

 

Total n (%) [IC 95%]

 

 

HFP n (%) [IC 95%]

SF n (%) [IC 95%]

p

Evolution du stade NYHA à 3 mois

 

 

 

0,46

    Amélioration

 06 (35,3) [17,3 – 58,7]

 09 (56,3) [33,2 – 76,9]

 15 (45,5) [29,8 – 62,0]

 

    Pas d’amélioration

 07 (41,2) [21,6 – 64,0]

 04 (25,0) [10,2 – 49,5]

 11 (33,3) [19,8 – 50,4]

 

    Asymptomatique

 04 (23,5) [9,6 – 47,3

 03 (18,8) [6,6 – 43,0]

 07 (21,2) [10,7 – 37,8]

 

Stade NYHA

 

 

 

0,32

    Stade 1

 07 (41,2) [21,6 – 64,0]

 06 (37,5) [18,5 – 61,4]

 13 (39,4) [24,7 – 56,3]

 

    Stade 2

 10 (58,8) [36,0 – 78,4]

 08 (50,0) [28,0 – 72,0]

 18 (54,5) [38,0 – 70,2]

 

    Stade 3

 00 (00,0) [0 – 18,4]

 02 (12,5) [3,3 – 34,3]

 02 (6,1) [0.7 – 20,8]

 

    Stade 4

 00 (00,0)

 00 (00,0)

 00 (00,0)

 

Variation absolue de FEVG

 

 

 

0,18

    Médiane (Q1-Q3)

3,7 (0,0 ; 8,0)

0,5 (-1,3 ; 2,0)

2,0 (-1,0 ; 6,0)

 

Évolution de la FEVG à 3 mois

 

 

 

0,71

    Amélioration

 04 (23,5%) [9,6 – 47,3]

 02 (12,5) [3,3 – 34,3]

 06 (18,2) [8,6 – 34,4]

 

    Pas d’amélioration

 09(52,9%) [31,0 – 73,8]

 10 (62,5) [38,6 – 81,5]

 19 (57,6) [40,8 – 72,8]

 

    Stable ≥ 50%

 04 (23,5) [9,6 – 47,3]

 04 (25,0) [10,2 – 49,5]

 08 (24,2) [12,8 – 41,0]

 

FEVG après 3mois

 

 

 

0,66

    < 41

 08 (47,1) [26,2 – 69,0]

 07 (43,8) [23,1 – 66,8]

 15 (45,4) [29,8 – 62,0]

 

    41 - 49

 02 (11,8) [3,3 – 34,3]

 04 (25,0) [10,2 – 49,5]

 06 (18,2) [8,6 – 34,4]

 

    ≥ 50

 07 (41,2) [21,6 – 64,0]

 05 (31,3) [14,2 – 55,6]

 12 (36,4) [22,2 – 53,4]

 

              FEVG : Fraction d’éjection du ventricule gauche ; SBP : Simpson Biplan, NYHA : New York Heart Association

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REFERENCES

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