Morbidité et mortalité cardiovasculaires dans le service de cardiologie du CHUD-B/A de 2019 à 2022.
Cardiovascular morbidity and mortality in cardiology department of CHUD-B/A from 2019 to 2022.
DOHOU H1, HOUEHANOU C1, SONOU A2, AMINOU WA2, KASSA MEA1, ELEGBEDE F2, DJOUKING I2, DJAOUWE S2, DJIKPO S2, MAVOUNGOU SR2, DANTONDJI M2, AMEGAN N1, BIAOU A1, CODJO L2.
RESUME
Introduction : Les maladies cardiovasculaires suscitent des préoccupations en raison de leur prévalence et de leur taux de mortalité. Au Bénin les données statistiques sur ces maladies proviennent de la population générale.
Méthodes : il s’agissait d’une étude transversale descriptive à visée analytique avec collecte rétrospective des données sur une période de 04 ans allant du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2022 dans le service de cardiologie du CHUD-B/A. Tout patient hospitalisé pour un diagnostic de maladie cardiovasculaire selon la CIM-11, était inclus dans l’étude.
Résultats : durant la période d’étude, 748 patients ont été admis et 548 cas présentaient des maladies cardiovasculaires soit 73,26%. Les affections les plus fréquemment rencontrées sont : l’insuffisance cardiaque globale (74,09%), les maladies hypertensives (49,27%), les cardiomyopathies ischémiques (39,78%). La mortalité cardiovasculaire intra-hospitalière est très élevée et représente 10,22%. La principale cause de décès était l’insuffisance cardiaque (35,46%). L’admission avec une conscience altérée (score de Glasgow compris entre 9 et 12), les cardiopathies pulmonaires, les arythmies cardiaques, l’insuffisance cardiaque, et la présence de maladie rénale chronique comme comorbidité sont significativement associées au décès cardiovasculaire.
Conclusion : Les maladies cardiovasculaires sont fréquentes à Parakou. Leur mortalité globale et leur létalité sont également très élevées. La gravité inhérente à ces maladies et le sous-effectif de spécialiste expliquent ces forts taux de létalité.
MOTS CLES
Morbimortalité, cardiovasculaire, facteurs associés, Parakou.
SUMMARY
Background: Cardiovascular diseases raise concern due to their prevalence and mortality rates. In Benin, statistical data on these diseases come from the general population.
Method: It was a descriptive cross-sectional study with an analytical aim involving retrospective data collection over a period of four years, from January 1, 2019, to December 31, 2022, in the cardiology department of CHUD-B/A. All patients hospitalized for a diagnosis of cardiovascular disease according to ICD-11 were included.
Results: During the study period, 748 patients were admitted and 548 of whom presented with cardiovascular diseases. Cardiovascular diseases are very common (73.26%). The most frequently encountered conditions are: congestive heart failure (74.09%), hypertensive diseases (49.27%), and ischemic cardiomyopathies (39.78%). In-hospital cardiovascular mortality is very high, representing 10.22% of admissions. The leading cause of cardiovascular death is represented by congestive heart failure (35.46%). Admission with altered consciousness (Glasgow score between 9 and 12); pulmonary heart diseases, cardiac arrhythmias, heart failure, and the presence of chronic kidney disease as a comorbidity are significantly associated with cardiovascular death.
Conclusion: Cardiovascular diseases are common in Parakou. Their overall mortality and lethality rates are also very high. Delayed admission and the severity of cases explain these high lethality rates. This highlights the importance of increased awareness, early detection, and prompt management of these diseases to reduce their impact on the population.
KEY WORDS
Morbimortality, cardiovascular, associated factors, Parakou.
1. Université de Parakou, Centre Hospitalier Universitaire Départemental Borgou/Alibori, Service de Cardiologie, Parakou, Benin.
2. Université d’Abomey-Calavi, Centre National Hospitalier Universitaire de Cotonou, Clinique Universitaire de Cardiologie, Cotonou, Benin.
Adresse pour correspondance
DOHOU Hugues
+229 0196550550,
Email :
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INTRODUCTION:
Les Maladies non transmissibles (MNT), sont des affections chroniques qui évoluent en général lentement. Les quatre principaux types de MNT sont les maladies cardiovasculaires (MCV), les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète. Ces maladies constituent la première cause de mortalité dans le monde [1,2]. Le profil épidémiologique du Bénin est de nos jours fortement dominé par les maladies non transmissibles qui sont graves de par leur fréquence et leur mortalité élevées. Une étude de cohorte prospective réalisée au Bénin de 2015 à 2018 en population générale dans un milieu rural a noté que l’incidence des MCV était de 5,4 pour 1000 personnes-années avec un taux de mortalité à 26,4% [3]. Le service de cardiologie du Centre Hospitalier Universitaire Départemental du Borgou et de l’Alibori (CHUD-B/A), hôpital de référence du septentrion connaît une importante activité. Dans l’optique d’évaluer la gravité des maladies cardiovasculaires (MCV) dans cet hôpital afin d’améliorer la prise en charge des patients nous avions choisi de mener cette étude.
Le but de notre étude était de déterminer la létalité et les facteurs associés des maladies cardiovasculaires dans le service de cardiologie du CHUD-B/A de 2019 à 2022.
PATIENTS ET METHODES
Type, cadre et période d’étude
Il s’agissait d’une étude transversale descriptive à visée analytique avec recrutement rétrospectif des données dans le service de cardiologie du CHUD-B/A sur la période du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2022.
Critères d’inclusion
Ont été inclus les dossiers des patients hospitalisés dans le service de cardiologie du CHUD-B/A de 2019 à 2022 et ayant eu au moins un diagnostic de maladie cardiovasculaire selon la CIM 11.
Critères de non inclusion
Étaient non inclus les dossiers des patients hospitalisés dans le service de cardiologie du CHUD-B/A de 2019 à 2022 et chez qui une maladie cardiovasculaire a été diagnostiquée et dont la réévaluation a permis d’écarter le diagnostic de maladie cardiovasculaire ; de même que ceux qui ont été réhospitalisés.
Critères d’exclusion
Étaient exclus de l’étude, les dossiers des patients chez qui le diagnostic de maladie cardiovasculaire a été retenu mais qui sont décédés à l’admission en raison d’une prise en charge non complète. Étaient également exclus, ceux qui sont rentrés contre avis médical ainsi que les dossiers incomplets et non retrouvés.
Matériels et technique de collecte
Il s’est agi d’un dépouillement de dossiers médicaux. La collecte a été réalisée à l’aide d’une fiche préconçue contenant les variables étudiées. Elle a été créée et faite dans le logiciel EPI Data 3.1 version française.
Variables
La variable d’intérêt était la morbidité et la mortalité liées aux maladies cardiovasculaires. Les variables étudiées étaient les variables socio démographiques (âge, sexe, catégories socio-professionnelles, milieu de résidence) ; les données cliniques (mode d’admission, motif de consultation, délai de consultation, état de conscience à l’admission, antécédents, diagnostic) ; les données paracliniques (bilans biologiques, électrocardiogramme, échographie doppler cardiaque, échographie doppler artériel, échographie doppler veineux) ; les données évolutives et pronostiques (exéat, sortie contre avis médical, transfert, référence, évasion, décès).
Analyses des données
Le questionnaire a été numérisé sur la plateforme Epi data 3.1 et les données ont été saisies via l’application Epi data 3.1. Ensuite ces données ont été exportées dans les logiciels Excel (Microsoft 2016) et STATA version 18 pour l’analyse. Des analyses univariées et multivariées avec le test de Chi2 ont été faites pour la recherche des facteurs associés au décès cardiovasculaire avec comme mesure d’association l’Odds Ratio (OR) brut et ajusté. Le résultat était statistiquement significatif si p-value < 0,05.
CONSIDERATION ETHIQUE
Les informations recueillies étaient confidentielles. Elles étaient seulement accessibles aux personnes directement impliquées dans l’étude. Le protocole de recherche a été soumis au comité d’éthique de la Faculté de Médecine de Parakou et a reçu un avis favorable (référence CLERB-UP083/2023).
RESULTATS
Durant la période d’étude, 748 patients avaient été admis dans le service de cardiologie du CHUD-B/A. Sur la base de nos critères d’inclusion, nous avions colligé 548 cas de maladies cardiovasculaires, représentant 73,26% des admissions. L’âge médian des patients était de 52 ans (Q1 = 36 ; Q3 = 65) avec des extrêmes de 7 et 115 ans. Le sex-ratio (H/F) était de 0,91 avec une prédominance féminine. Le mode d’admission par consultation externe était le plus fréquent dans notre étude avec 58,58%. Les motifs étaient dyspnée (75,73%), toux (56,75%), oedèmes des membres inférieurs (36,68%), asthénie (31,93%) et douleur thoracique (26,46%). Les patients présentaient fréquemment des facteurs de risque cardiovasculaires tels que l’hypertension arterielle (45,62%), la consommation de tabac (15,69%) et le diabète (12,96%) (Tableau 1).
Les anomalies électriques retrouvées suite aux explorations paracliniques étaient la surcharge ventriculaire gauche (92,59%), l’ischémie sous-épicardique (57,14%), la fibrillation auriculaire (48,10%), l’hyperexcitabilité ventriculaire (41,77%) et les hémiblocs antérieurs gauches (48%). L’échographie doppler cardiaque était réalisée chez 44,52% des patients (n=244). Parmi ceux-ci des anomalies ont été retrouvées chez 97,13% (n=237) avec une prédominance pour l’altération de la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG), la dilatation du ventricule gauche, l’hypertrophie ventriculaire gauche et des anomalies des valves. L’échographie doppler artérielle avait été réalisée, sur un petit nombre de patients (n=5) et des plaques d’athérome ont été retrouvées chez 3 d’entre eux. Le bilan biologique n’était que peu altéré avec une prédominance pour un syndrome anémique (62.96%), suivi de l’hypercréatininémie (47,46%) et de l’hyponatrémie (44,22%).
Les maladies cardiovasculaires diagnostiquées selon la CIM-11 sur un effectif de 548 patients étaient l’insuffisance cardiaque (74,09%), les maladies hypertensives (49,27%), les cardiopathies ischémiques (38,78%), des arythmies cardiaques (17,34%), ainsi que des cardiopathies pulmonaires (6,93%) (Tableau 2). Dans notre série, 406 cas (74,09%) d’insuffisance cardiaque avaient été enregistrés. L’insuffisance cardiaque globale était la plus retrouvée 79,71% (n=360), suivie de l’insuffisance ventriculaire gauche 5,42% (n=22) et l’insuffisance ventriculaire droite (n=20). Concernant l’étiologie des cardiopathies, la cause ischémique était la plus représentée à 39,78% (n = 218), suivie de l’hypertension 26,28% (n= 144) puis des cardiopathies pulmonaires (n=38 ; 6,93%).
Dans notre étude, les arythmies cardiaques représentaient une proportion de 30,30% (n = 90) des anomalies électriques. Par rapport aux anomalies électriques objectivées, les arythmies auriculaires représentaient 16,50 % (n=49), les troubles du rythme ventriculaire 13,13 % (n=39), l’arythmie jonctionnelle 0,67 % (n=2).
Parmi les 548 patients de notre série, 22,44% (n=123) présentaient des comorbidités dont la maladie rénale chronique 60,16% (n=74), les pneumopathies chroniques 16,26% (n=20), les hépatopathies chroniques 9,75% (n=12), les cancers 7,32% (n=9), le VIH 7,32% (n=9), et autres comorbidités 8,13% (n=10).
La durée moyenne d’hospitalisation est de 6,28 ± 5,85 jours avec des extrêmes de 3 et 67 jours.
Un total de 56 décès a été enregistré soit une mortalité intra hospitalière de 10,22% parmi les patients inclus (Figure 1).
Il existait une relation significative entre le décès et la présence de maladies hypertensives (p=0,034), les cardiopathies pulmonaires (p=0,007) et l’insuffisance cardiaque (p=0,004). La létalité cardiovasculaire était plus importante chez les patients ayant présenté une insuffisance cardiaque (n = 51) (Tableau 3).
Enfin, on notait une relation significative entre le décès et les patients admis avec un score de Glasgow entre 9 et 12 (p = 0,003), présentant une cardiopathie pulmonaire (p<0,001), une arythmie cardiaque (p=0,002), une insuffisance cardiaque (p< 0,001) et une maladie rénale chronique (p< 0,001) (Tableau 4).
DISCUSSION
Durant la période d’étude, 748 patients ont été hospitalisés dans le service de cardiologie du CHUD B/A. Parmi eux, 548 patients ont été colligés soit une fréquence de 73,26%. Un constat identique a été fait par Boombhi et coll. en 2015 au Cameroun (77%) [4]. Une autre étude menée au Mali par Kantako et coll. en 2019 a par contre retrouvé une fréquence de 45,19%. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que la période d’étude de Kantako et coll. était d’un an alors que la nôtre était de quatre ans [5]. L’âge médian des patients dans notre série était de 52 ans avec des extrêmes de 7 et 115 ans. Ce résultat est similaire à celui rapporté par Naibe et coll. au Tchad en 2016 ; qui était de 51,78 ans ainsi qu’à celui rapporté par Ka et coll. au Sénégal en 2019 où l’âge moyen était de 52 ± 18 ans [6,7]. Cet âge médian observé dans notre étude pourrait s’expliquer par la prédominance des pathologies cardiovasculaires chez les adultes. Le sexe féminin était le plus représenté dans notre série 52,37% (n=287). D’autres auteurs ont également fait un constat similaire dans leurs études. Il s’agit de Yadeta et coll. en Éthiopie en 2017 ; Kantako et coll. au Mali en 2019 ; qui ont tous les deux retrouvé une prédominance féminine à 58,5% [5,8]. Cependant une prédominance masculine a été retrouvée par Assi et coll. en Côte d’ivoire en 2022 qui était de 55,7% [9]. Il ressort de ces observations que les maladies
cardiovasculaires touchent aussi bien les hommes que les femmes. Le mode d’admission par consultation externe était le plus fréquent dans notre étude avec 58,58% des admissions (n=321). Un constat identique a été fait par Sarr et coll. au Sénégal en 2017 qui retrouvaient que les patients hospitalisés étaient souvent adressés de la consultation externe du service dans 40,6% des cas [10]. Cette différence dans les proportions peut s’expliquer par le cadre d’étude utilisé par ces derniers qui est l’unité de soins intensifs dans un service de cardiologie. Dans notre série, le premier motif de consultation était la dyspnée dans 75,73% des cas (n=415). Ce constat est identique à celui fait par Youzan au Mali en 2019 qui a rapporté que la dyspnée était le motif de consultation le plus fréquent avec 49,46% [11]. Par contre Kpelafia et coll. au Togo en 2016 et Dembélé et coll. au Mali en 2023 ont trouvé que les motifs les plus fréquents étaient la douleur thoracique non traumatique, respectivement dans 25,24% ; et 30,0% des cas [12,13]. Ces différences pourraient s’expliquer par le fait que la dyspnée est un signe fonctionnel qui alarme le plus souvent les patients, de même les agents de santé dans les centres périphériques. Par conséquent ils orientaient ces patients dans les centres spécialisés pour une meilleure prise en charge. Les facteurs de risque cardiovasculaire étaient représentés par l’HTA avec 45,62% (n=250). Cette observation rejoint celle de Dembélé et coll. au Mali en 2023 qui ont rapporté que l’HTA représentait le facteur de risque cardiovasculaire prédominant avec 74,7% [13]. Une autre étude menée par Bachar et coll. au Sénégal en 2022 a aussi retrouvé une prévalence élevée des facteurs de risque cardiovasculaire avec en revanche au premier rang les dyslipidémies, observées dans 80% des cas, suivies de la sédentarité 74,6% et au troisième rang l’hypertension artérielle (HTA) (56,7%) [14]. Cette divergence des résultats peut s’expliquer par les cadres d’étude qui ne sont pas les mêmes. En effet l’étude de Bachar et coll. a été effectuée en population générale. La distribution nosologique dans notre étude faisait apparaitre un groupe de pathologie dominante : les insuffisances cardiaques 74,09% (n=406). Un constat identique a été fait par Dioum et coll. en 2020 qui ont retrouvé une prédominance de l’insuffisance cardiaque à 40% [15]. Ghazi et coll. au Maroc en 2018 ont retrouvé que le diagnostic le plus prépondérant est la cardiopathie ischémique (30,66%) suivie de l’insuffisance cardiaque (20,69%) [16]. Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que le taux de réalisation des bilans paracliniques de confirmation des diagnostics posés est plus élevé au Maroc que dans notre contexte. La cardiopathie ischémique étant un diagnostic étiologique de l’insuffisance cardiaque sa fréquence est probablement sous-estimée dans notre contexte du fait de la non disponibilité de la coronarographie, examen de confirmation de cette cardiopathie. Les comorbidités dans notre étude étaient dominées par les maladies rénales chroniques 60,16% (n=74). Le même constat a été fait par Dioum et coll. au Sénégal en 2020 qui trouvèrent que les comorbidités étaient dominées par le syndrome cardio-rénal dans 70% des cas [15]. Dans notre série, la durée moyenne d’hospitalisation était de 6,28 ± 5,85 jours (minimum 3 jours maximum 67 jours). Un constat similaire a été fait par Damorou et coll. à Lomé qui ont rapporté que la durée d'hospitalisation moyenne des patients décédés était de 8.7 ± 8.9 jours (extrêmes : 1 à 58 jours) contre 8.9 ± 6.1 jours chez les patients non décédés [17]. La mortalité cardiovasculaire intra hospitalière dans notre étude était de 10,22%. Ce résultat se rapproche de celui de Damorou et coll. au Togo qui ont retrouvé que la mortalité hospitalière globale pour les maladies cardiovasculaires était de 11% [17]. Par contre, Koudougou et coll. au Burkina-Faso en 2022 ont rapporté une mortalité cardiovasculaire plus élevée de 26,55% et l’affection la plus meurtrière était l’HTA dans 64,4% des cas [18]. Cette surmortalité dans leur série pourrait s’expliquer par une insuffisance du plateau technique et l’état d’indigence des malades, le Burkina-Faso ayant un indicateur de pauvreté plus élevé que celui du Bénin [18,19].
Dans notre série, la létalité était plus élevée pour les cardiopathies pulmonaires plus précisément, l’embolie pulmonaire (23,68%) et la péricardite (20%). Par contre Damorou et coll. ont rapporté que les taux de létalité étaient plus élevés dans le SCA (27,9%), l'embolie pulmonaire (25%) et la péricardite (25%). Ces résultats que nous avons trouvés pourraient s’expliquer par une association de plusieurs affections chez un même malade.
L’état de conscience altérée avec score de Glasgow compris entre 9 et 12 était significativement associé au décès de même que l’embolie pulmonaire, l’arythmie cardiaque et la maladie rénale chronique (p< 0,001). Également, dans notre série, l’insuffisance cardiaque était significativement associée au décès. Un constat identique a été fait par Bivigou et coll. au Gabon en 2020, qui ont rapporté que la décompensation cardiaque est associée au décès (p<0,01) [20]. Ce qui a été corroboré par Codjo et coll. en 2020 [21].
Cette étude présente des limites qui doivent être prises en considération dans l’interprétation des résultats. La nature monocentrique de l’étude, menée uniquement au CHU-B/A, limite la généralisation des résultats à tous les hôpitaux du Bénin. Le caractère rétrospectif expose, également à un risque de biais d’information et à un potentiel de données manquantes non incluses. Enfin, la faible taille de l’échantillon pour certaines analyses peut limiter la puissance de l’étude et la généralisation des résultats.
CONCLUSION
Cette étude menée à Parakou (BENIN) met en évidence la lourde charge de morbidité et de mortalité associées aux pathologies cardiovasculaires, notamment l’insuffisance cardiaque, identifiée comme la principale cause de décès. Les patients présentant un score de Glasgow altéré (9 à 12), des cardiopathies pulmonaires, des arythmies, ou encore des comorbidités chroniques, sont particulièrement à risque. Ces résultats soulignent la nécessité d’un dépistage précoce, pour une prise en charge optimale. Dans un contexte où la prévalence des maladies non transmissibles ne cesse d’augmenter, des études permettraient de mieux cerner les déterminants locaux et d’adapter les stratégies de prévention et de prise en charge aux réalités spécifiques du système de santé bénin.
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REFERENCES |
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