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Facteurs de risque cardiovasculaire chez les agents de santé de l’Hôpital National de Niamey (HNN). Enquête prospective à propos de 200 cas.

Cardiovascular risk factors in health care workers at Hospital National de Niamey (HNN). Prospective survey of 200 cases).

 

H IDRISSAˡ ², MA MOCTARˡ,B DODO³, N AMADOU MOUNKAILAˡ, M DJIBRILLOU ², H HAROUNAˡ, A ATOUBOUNOUˡ, S KABAOUˡ, J MASENGESHO MIDAGOˡ, L HAMIDOU⁵, S M’BAYE⁴, A BONKANO³, A NEDJIM ABDELKERIMˡ, AI TOURE³.

 

RESUME

 

Introduction :Les maladies non transmissibles (MTN) et particulièrement les maladies cardio-vasculaires sont l’un des grands défis du XXIe siècle dans le domaine de la santé et du développement. La prévention de ces maladies cardio-vasculaires (MCV) représente un enjeu primordial en matière de santé publique. Le dépistage permet d’évaluer l’ampleur dans la population générale et facilite la prise de décision pour une meilleure prévention.

 

 

Objectif : Evaluer la prévalence et la perception des facteurs de risque cardiovasculaire chez le personnel de santé de l’hôpital national de Niamey (HNN).

Méthodologie : Il s’agissait d’une étude prospective et descriptive menée sur une période de trois (3) mois à l’HNN. L’étude s’était déroulée dans les différents services et auprès du personnel ayant accepté de participer à l’étude à partir d’une fiche d’enquête préétablie avec respect de l’anonymat.

Les données étaient saisies, traitées et analysées par le logiciel Epi info dans sa version 7.2 et le pack office 2013(Word et Excel).

Résultats :   Nous avons colligé 200 personnes avec une prédominance féminine de 66%. L’âge moyen était de 42.9±8.68. Les 99% des enquêtés avaient au moins un FDRCVX. La notion sur les FDRCVX est retrouvée dans 57% des cas. L ’HTA était retrouvée dans 17,50%, le diabète de type II dans 11,5%, la dyslipidémie dans 19,5%, l’obésité modérée dans 35,50%, le surpoids dans 43%, l’obésité abdominale dans 45% des cas (significativement plus fréquente chez les femmes  33,5%), le  tabagisme actif dans 7%, la sédentarité dans 43% et de l’alcoolisme 3,5%.

Les antécédents familiaux étaient dominés par l’HTA (45,5%), de diabète (18%), et les AVC (5,5%). On notait une notion de mort subite dans 11% des cas.

 L’HTA et le diabète étaient plus retrouvés chez les femmes dans respectivement 18,18% et 13,64% des cas.

Conclusion : La prévalence élevée des FDRCVX au sein du personnel de l’hôpital national de Niamey doit inciter à développer une stratégie de dépistage opportuniste, de prise en charge précoce et de prévention.

 

 MOTS CLES

 Facteurs de risque cardiovasculaire, personnel hôpital National, Niamey, Niger.

 

 

SUMMARY

Introduction: non-communicable diseases (NCDs), particularly cardiovascular diseases, are one of the major health and development challenges of the 21st century. Preventing cardiovascular disease (CVD) is a key public health issue. Screening makes it possible to assess the extent of the disease in the general population and facilitates decision-making to improve prevention.

Objective: To assess the prevalence and perception of cardiovascular risk factors among healthcare staff at Niamey National Hospital (NNH).
Methodology: This was a prospective, descriptive study conducted over a period of three (3) months at the HNN. The study took place in the various departments and with staff who had agreed to participate, using a pre-established survey form and respecting anonymity.

Data were entered, processed, and analyzed using Epi info software version 7.2 and the 2013 office pack (Word and Excel).

Results:   We collected data from 200 patients, 66% of whom were women. The average age was 42.9±8.68. 99% of respondents had at least one FDRCVX. Notification of FDRCVX was found in 57% of cases. High blood pressure was found in 17.50%, type II diabetes in 11.5%, dyslipidemia in 19.5%, moderate obesity in 35.50%, overweight in 43%, abdominal obesity in 45% of cases (significantly more frequent in women, 33.5%), active smoking in 7%, sedentary lifestyle in 43% and alcoholism in 3.5%.

Family history was dominated by hypertension (45.5%), diabetes (18%) and stroke (5.5%). Sudden death was noted in 11% of cases.

Hypertension and diabetes were more common in women (18.18% and 13.64% respectively).

Conclusion: The high prevalence of FDRCVX among staff at Niamey National Hospital should prompt the development of a strategy of opportunistic screening, early management and prevention.

 

KEY WORDS

 Cardiovascular risk factors, perception of cardiovascular disease, HNN, Niamey-Niger.

 

  1. Pôle de cardiologie /Hôpital national de Niamey/Niger
  2. Médecine Nucléaire/ IRI/UAM de Niamey/Niger
  3. Cardiologie /Hôpital Amirou Boubacar Diallo Niamey/Niger
  4. Cardiologie/ Hôpital National de Zinder
  5. Cardiologie/ Hôpital de Référence Maradi 

 

Adresse pour correspondance :

IDRISSA Hama

Mail : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Tel : 00227 90079202.  Niamey-Niger

 

 

INTRODUCTION

 

Jadis, moinsfréquentes en Afrique noire qu’en occident, les maladies cardiovasculaires vont constituer un problème de santé publique majeur en Afrique.

Ceci s’explique par l’émergence des facteurs de risque cardiovasculaires liés à la sédentarité, l’obésité, les modifications nutritionnelles, le tabac, le diabète, l’HTA [1]. Il existe des facteurs de risque modifiables et des facteurs de risque non modifiables. Les facteurs de risque modifiables déterminent 75% de l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaires [2].

L’hypertension artérielle est le plus fréquent des facteurs de risque cardiovasculaires. Elle occupe la première place en Afrique.

A l'exemple de plusieurs pays en développement, le Niger est en phase de transition épidémiologique, révélée par les statistiques sanitaires selon l’enquête STEPS Niger 2021[3].  Le fardeau croissant des maladies non transmissibles (les cardiopathies ischémiques, les accidents cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle, les cancers et les maladies respiratoires) menace de submerger les services de santé. Le diabète et l’hypertension artérielle constituent aujourd’hui un sérieux problème de santé publique au Niger comme dans tous les pays du monde. Au Niger, selon l’enquête STEPS 2021, les prévalences de l’HTA, du diabète, de la surcharge pondérale et de l’hypercholestérolémie étaient respectivement de 27.4%, 2.3%, 14.8% et 1.6% [3]. L’importance de ces 2 maladies (HTA et diabète) ne cesse de croître, car celles-ci sont responsables de graves perturbations de l'état de santé et de décès précoces. Ces pathologies deviennent de plus en plus invalidantes, coûteuses et associées à de lourdes complications avec des répercussions sur la famille, la communauté et le pays [4].

Au Niger, on estime que 9% des décès seraient liés aux maladies cardiovasculaires au cours de l’année 2014[5].

En milieu hospitalier, chez le personnel de santé lui-même, les facteurs de risque cardio-vasculaires sont mal appréciés souvent méconnus ou négligés.

C’est ainsi que nous avons entrepris cette étude portant sur les facteurs de risque cardiovasculaire chez les personnels de santé de l’Hôpital National de Niamey pour apprécier la prévalence des facteurs de risque dans cette population et évaluer leur niveau de connaissance et leur compréhension sur les risques.

Les objectifs spécifiques du travail étaient :

-        D’apprécier la prévalence des facteurs de risque cardio-vasculaire au sein des agents de l’HNN ;

-        Evaluer les connaissances et la compréhension des FDRCVX dans notre population d’étude ;

-        D’apprécier la distribution des FDRCVX de notre population d’étude ;

-        Sensibiliser cette population à réduire les facteurs favorisant la survenue des maladies cardiovasculaires.

 

METHODES

 

 Il s’agissait d’une étude prospective et descriptive menée sur une période de trois (3) mois à l’HNN. L’étude s’était déroulée dans les différents services de l’hôpital national de Niamey ayant accepté de participer. Le personnel volontaire ayant accepté, était enrôlé à partir d’une fiche d’enquête préétablie.

N’étaient pas inclus dans notre étude :

-        Tous les stagiaires (les résidents en cardiologie, étudiants en médecine, les élèves des écoles de santé) ;

-        Les agents de santé non-coopérants ;

-        Les femmes enceintes.

 

Les variables étudiées 

Les caractéristiques sociodémographiques

 

L’âge, le sexe, le statut matrimonial, le statut professionnel.

 

Les facteurs de risques cardiovasculaires

 L’HTA, diabète, hypercholestérolémie, dyslipidémie, obésité, et pour les femmes un chapitre concernant la contraception hormonale, la ménopause et le traitement substitutif de la ménopause.

 

 Les antécédents familiaux

 

HTA, diabète, dyslipidémie, hypercholestérolémie, mort subite, AVC

 

Les variables environnementales

 

Consommation de tabac

  Les données ont porté sur les consommateurs actifs et les anciens fumeurs, sur le non-consommation, la durée de consommation et le nombre de cigarettes par jour.

 

Consommation d’alcool

 Vu la sensibilité de la question (les patients ne veulent pas en parler à cause de la religion), nous nous sommes basés juste sur la consommation ou non de l’alcool quel que soit la nature et la durée de la consommation.

 

Pratique d’activité physique et sportive

Nous nous sommes focalisés sur la pratique ou non d’activité physique et sportive mais aussi sur la durée moyenne par jour, le nombre de fois par semaine ou par mois et le nombre de minute, d’heures par séance.

 

Sédentarité

Nous avons considéré comme sédentaire toute personne ne pratiquant aucune activité physique d’au moins 30mn et au moins 2fois par semaine.

 

 

Les variables cliniques et para cliniques

 

Les paramètres anthropométriques

La mesure de la taille et la prise du poids ont permis de déterminer l’indice de masse corporel (IMC) qui est défini par le poids en kilogramme divisé par le carré de la taille en mètres. Puis classé selon les données de l’OMS en 4 classes (maigreur< 18,5 kg/m² ; normale entre 18,5 kg/m² et 24,99 kg/m² ; surpoids entre 25 kg/m² et 30 kg/m² ; obésité> ou =30 kg/m².

La mesure du tour de taille a été effectuée à l’aide d’un mètre ruban. Il a été mesuré debout.

 

La mesure de la tension artérielle

La TA était prise après un délai de repos de 15mn. Une TA élevée chez les sujets non hypertendus a été contrôlée après un intervalle d’une semaine et c’est cette dernière valeur qui est rapportée.

Le bilan biochimique réalisé à l’HNN a comporté le paramètre suivant :

-        Le cholestérol total : valeur normale comprise entre 1,65 à 2,00g/l.

-        LDL cholestérol : valeur normale comprise entre 2,9 à 3,6 mmol/L.

-        HDL cholestérol : valeur normale comprise entre 0,5 à 2,1 mmol/L.

-        Triglycérides : valeurs normales comprises entre 0,33 à 2,55 mmol/L.

-        La glycémie veineuse à jeun : valeur normale comprise entre 0,75 à 1,10g/L.

-        La créatinémie : valeur normale comprise entre 7 à 14mg/L.

-        L’urée (Azotémie) : valeur normale comprise entre  1,6 à 6,6mmol/L.

-        Matériels utilisés : Tensiomètre manuelle, toise, balance, mètre ruban.

Ces mesures anthropométriques ont été prises par le même matériel chez tous les agents.

 

Définition opérationnelle des termes

 

Notion de facteur de risque cardio-vasculaire : Avoir connaissance que sa présence expose un individu à développer une maladie ou de subir un préjudice.

Saisie, traitement et analyse des données

Les données ont été saisies, traitées et analysée avec le logiciel Epi info dans sa version 7.2 après confection d’un masque de saisie. Les résultats ont été présentés sous forme de tableau et graphique grâce au pack office 2013(Word et Excel). Le test statistique utilisé par cette étude a été le chi² avec un degré de signification P <0,05.

 

 

RESULTATS

 

Aspects épidémiologiques

 

Nous avons colligé les données de 200 agents de l’HNN.

Une prédominance féminine de 66% était observée avec un sexe ratio H/F = 0,51.

La tranche d’âge la plus représentée était celle comprise entre 35-39 ans avec 24% des cas. L’âge moyenne des enquêtés était de 42,91+/-8,68 ans avec des extrêmes allant de 27 à 65 ans. Les mariés étaient majoritaires dans 85% des cas. Les enquêtés étaient composés de 46,5% des enquêtés d’infirmiers et 31% de médecins (Tableau 1). Le personnel des services spécialisés représentait 36,5% des enquêtés et 16,5% au laboratoire (Tableau 2). L’ancienneté dans le service était de moins de 5ans dans 37,5% des cas. Trente-cinq (35) enquêtés (17,5% des cas) sur 200 étaient hypertendus. Nous avions retrouvé 4% (8 enquêtés sur 200) de diabétiques déclarés et suivis, confirmés à la biologie. La dyslipidémie était retrouvée chez 14 enquêtés (7%) à la biologie. L’obésité était retrouvée dans 16% des cas.

Nous avions retrouvé que 14,39% des femmes étaient ménopausées. Seule une (1) d’entre elles prenait un traitement hormonal substitutif de la ménopause.

Parmi nos enquêtés 45,5% avaient un antécédent familial d’HTA, 18% un antécédent de diabète, 11% un antécédent de dyslipidémie de même que pour l’AVC et 5,5% un antécédent de mort subite (Tableau 3). Quant aux antécédents familiaux en rapport avec les liens de parenté, on retrouvait l’existence au premier degré de l’HTA, du diabète, de la dyslipidémie, et de l’AVC dans respectivement 89,01%, 91,67%, 81,82% et 86,36%. On retrouvait 3% de tabagiques actifs et 4% étaient des anciens fumeurs. Les fumeurs consommaient le tabac depuis moins de 5 ans dans 85,71% des cas avec une moyenne de consommation de 3,57 cigarettes par jour et des extrêmes allant de 2 à 7 cigarettes par jour. La consommation d’alcool était retrouvée dans 3,5% (7 enquêtés). La sédentarité était retrouvée dans 43% des cas. L’activité physique était pratiquée par 17% des enquêtés. Parmi nos enquêtés qui effectuaient une activité physique, 50% pratiquaient le football (Tableau 4). La majorité des enquêtés avaient une pression artérielle optimale : soit une proportion de 37% des cas alors que l’HTA était retrouvée dans 17,5% des cas. La moyenne de la pression artérielle systolique était de 120 mmHg avec des extrêmes allant de 90 à 190mmHg et celle de la de la pression artérielle diastolique était de 76mmHg avec des extrêmes allant de 60 à 100mmHg. L’obésité était présente dans 35,5% des cas et le surpoids dans 43% de cas. La moyenne de l’IMC était de 29,18 Kg/m² avec des extrêmes de18, 52 à 45,91 kg/m². Parmi les enquêtés 3 hommes soit 1, 5% avaient une obésité abdominale ainsi que 43,5% des femmes (87 cas). Le tour de taille moyen était de 91,93 cm avec les extrêmes compris entre 68 à127 cm. Seuls 52 patients avaient leur bilan biologique soit 26%. La glycémie était élevée chez 44,23% des enquêtés. L’azotémie et la créatinémie étaient normales dans respectivement 86,54% et 96,15 % des cas. On notait un taux de cholestérol normal dans 84,62%, une élévation du LDL et des triglycérides dans 44,23% et 75% des cas avec un taux de HDL normal dans 94,23% des cas. Dans notre série 57% (114 enquêtés) avaient une notion sur les facteurs de risque cardio-vasculaires. L’obésité abdominale, la sédentarité et le surpoids constituaient les facteurs de risques majoritairement retrouvés dans respectivement 45% ,43%,43% (Figure 1). Dans notre série 65% des enquêtés avaient au moins 3 facteurs de risque cardio-vasculaires.

La corrélation entre l’HTA et le sexe n’était pas statistiquement significative (p=0,72). Il n’y a pas de corrélation entre le diabète et le sexe (p=0,6). Par ailleurs il existe une corrélation entre l’IMC et le sexe (p=0,0001) et entre l’IMC et l’âge (p=0,008). On notait également une corrélation significative entre l’IMC et le fait d’être diabétique (p=0,03). La corrélation entre l’IMC et l’HTA était statistiquement significative p=0,037. La prévalence du diabète était plus élevée dans la tranche d’âge comprise entre 40 - 54 ans. Celle de l’HTA était plus élevée dans les tranches d’âge de 55 ans et plus. Dans la population ayant un ATCD familial d’HTA, 19,78% étaient hypertendus. La corrélation entre l’HTA et l’ATCD familial d’HTA était statistiquement significative p=0,0001.

L’association HTA et Diabète était retrouvée chez 5 enquêtés soit 2,5% des cas.

La corrélation entre l’HTA et le diabète n’était pas statistiquement significative p=0,4.

Dans notre étude 100% des enquêtés qui consommaient le tabac étaient de sexe masculin. La corrélation entre la consommation de tabac et le sexe était statistiquement significative p=0,0001. La tranche d’âge la plus concernée par la consommation de tabac était celle de 40-44 ans dans 42,86% des cas. La corrélation entre la consommation de tabac et l’âge n’était pas statistiquement significative p=0,19. La majorité des enquêtés sédentaires soit 83,72% étaient de sexe féminin.

La corrélation entre la sédentarité et le sexe était statistiquement significative p=0,0001. La tranche d’âge la plus concernée par la sédentarité était celle comprise entre 35-39 ans dans 20,93% de cas suivie de celle comprise entre 50-54 ans dans 19,77% de cas. La corrélation entre la sédentarité et l’âge n’était pas statistiquement significative p=0,06. Dans notre étude 69,23% des enquêtés ayant une dyslipidémie étaient de sexe féminin. La corrélation entre la dyslipidémie et le sexe n’était pas statistiquement significative p=0,6. La tranche d’âge la plus concernée par la dyslipidémie était celle de 45-49 ans dans 25,64% de cas. La corrélation entre la dyslipidémie et l’âge n’était pas statistiquement significative p=0,06.

Parmi les enquêtés ayant une dyslipidémie, 12,82% étaient ménopausées.

La corrélation entre la dyslipidémie et la ménopause n’était pas statistiquement significative p=0,13. Dans notre série 36,84% des enquêtées ménopausées étaient hypertendues. La corrélation entre la ménopause et la pression artérielle était statistiquement significative p=0,0001.

 

 

DISCUSSION

Les femmes représentaient 66% de la population enquêtée contre 34% d’hommes.

Ce résultat est comparable à ceux de Elasmi M et al en 2009 en Tunisie [6], Pessinaba S et al en 2013 au Sénégal [7], Mbaye A et al en 2018 au Sénégal [8],  et Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9], qui avaient retrouvé une prédominance féminine. Cette prédominance féminine peut s’expliquer par la tendance à la féminisation de la profession médicale. Elles étaient également plus intéressées et disposées à participer à l’enquête. La moyenne d’âge de notre étude était de 42 ans avec des extrêmes allant de 27 à 65 ans. La tranche d’âge comprise entre 35 et 39 ans était la plus représentée avec 24% des enquêtés. Ce résultat est proche de ceux de Pessinaba S et al en 2013 au Sénégal [7], Mbaye A et al en 2018 au Sénégal [8], et Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9], avec respectivement 43.4±17.8 ans, 48.5±12.68 ans et 51.5 ±16.9 ans.

La majorité de nos enquêtés était jeune. Cette jeunesse peut être expliquée par l’accessibilité de cette tranche d’âge de la population à la formation aux divers métiers de la santé et le recrutement dans le domaine de la santé orienté vers les jeunes. Parmi nos 200 enquêtés, 85% étaient des mariés. Nos résultats sont superposables à ceux de Elhaj ANGO H [5] au Niger en 2020 qui avait retrouvé respectivement 81%. On notait 38,64% qui utilisaient la contraception, soit 51 cas. Notre résultat est similaire à celui de MAHAMAT T H [10] au Niger en 2019 qui avait rapporté 38,1% utilisant la contraception. Parmi ces femmes 29,41% étaient sous contraceptifs oraux (15 cas), 29,41% avaient des implants (15 cas), 21,57% avaient des dispositifs intra utérin (DIU) (11 cas) et 19,61% étaient sous contraceptifs injectable (10 cas). Les tabagiques actifs représentaient 3% et 4% étaient des anciens fumeurs. Ces 3% de tabagisme actif sont inférieurs à ceux de Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9], Elasmi M et al en 2009 en Tunisie [6], et Pessinaba S et al au Sénégal en 2013 [7], qui avaient respectivement retrouvé 27.2%, 8% et 5.8%. La prise d’alcool était retrouvée chez 3,5% des enquêtés, ce résultat est supérieur à celui de MAMADOU D R [11] au Niger en 2018 qui avait retrouvé 1,4%. Ce faible taux voire nul s’expliquer par l’interdiction de la consommation de l’alcool par la religion et qui fait que beaucoup n’avouent pas leur consommation d’alcool.

Nous avions retrouvé 43% de sédentaires. Notre résultat est supérieur à celui de Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9], qui avait retrouvé 27.1% de sédentaires et inférieur au résultat de Pessinaba S et al au Sénégal en 2013 [7], qui avait retrouvé 64.7%. Au cours de notre étude 17% pratiquaient une activité physique. Parmi ces derniers 50% pratiquaient le football, 23% l’endurance, 11,76% les exercices physiques, 11,76% la marche et 2, 94% le Basketball.

Nous avions trouvé les antécédents d’HTA, de diabète, de mort subite et d’AVC dans respectivement 45,5%, 18%, 11% et 5,5%. Il s’agissait d’une parenté de 1er degré dans la majorité des cas. Notre résultat est inférieur à ceux de BOUTAHIRI N [12] au Maroc en 2011 et JOSEPHINE N [13] au Kinshasa en 2002 qui avaient retrouvé respectivement 56,6%, 44,3% et 51,2%, 20,4%.

La pression artérielle était optimale dans 37% des cas. On notait une HTA dans 17,50% des cas. Notre résultat est inférieur de ceux de Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9],, Mbaye A et al en 2018 au Sénégal [8]Elasmi M et al en 2009 en Tunisie [6],  et Pessinaba S et al au Sénégal en 2013 [7],  qui avaient retrouvé respectivement 27.1%, 46.4%, 31% et 46%  d’hypertendus, mais inférieur à celui de BOUTAHIRI N [12] au Maroc en 2011 qui avait retrouvé 10,5% d’hypertendus.

La prévalence de l’obésité dans notre population était de 46,97 % chez les femmes, contre 13,24% chez les hommes avec un taux d’obésité abdominale de 33,5% pour les femmes et 1,5% pour les hommes. Le tour de taille moyen était de 91,93 cm avec les extrêmes compris entre 68 à127 cm. Nos résultats sont supérieurs à ceux de Yahia Berrouiguet A et al en 2009 en Algérie [9],  qui avait retrouvé 9.1% d’obésité et 13.7% d’obésité abdominale ; mais superposables à ceux de Elasmi M et al en 2009 en Tunisie [6],  et Pessinaba S et al au Sénégal en 2013 [7],   qui avaient retrouvé respectivement 34% et 23% d’obésité, et 48% et 48.7% d’obésité abdominale.

Dans notre étude 44,23% des enquêtés avaient une glycémie élevée, 4% se savaient diabétiques. Notre résultat est inférieur à celui de BOUTAHIRI N [12] au Maroc en 2011 qui avait retrouvé une prévalence du diabète à 7,5% en milieu urbain rural.

Parmi ceux qui avaient réalisé les examens biochimiques, 15,38% avaient un taux de cholestérol total élevé, 44, 23% avaient un taux de LDL cholestérol élevé, 75% avaient un taux de triglycéride élevé, 5,77% avaient un taux de HDL cholestérol bas. Seuls 7,46 % se savaient atteints d’une dyslipidémie.

Ce résultat est inférieur à celui de BOUTAHIRI N [12] au Maroc en 2011 qui avait retrouvé une prévalence de la dyslipidémie à 11,7%.

La perception de la notion de facteurs de risque cardio-vasculaires était retrouvée chez 57% des enquêtés. Notre résultat est supérieur à celui de Elhaj ANGO H [5] au Niger en 2020 en milieu rural qui avait retrouvé que 2,90% avaient une notion sur les facteurs de risque cardio-vasculaires.

Dans notre échantillon 99% avaient au moins un (1) facteur de risque cardio-vasculaire. Nos résultats sont supérieurs à ceux de Elhaj ANGO H [5] au Niger en 2020 et SELLAM L B [14] à Oujda (Maroc) en 2016 qui avaient retrouvé successivement 83,3% et 83%. L’obésité abdominale, la sédentarité et le surpoids constituaient les facteurs de risques majoritairement retrouvés dans respectivement 45%, 43%,43%. Nous avions retrouvé que 65% des enquêtés avaient au moins 3 facteurs de risque cardio-vasculaire. Nos résultats sont inférieurs à ceux de SELLAM LB [14] à Oujda (Maroc) en 2016 qui avait retrouvé que plus de 83% avaient au moins 3 facteurs de risque cardio-vasculaires.

 

 

CONCLUSION 

 

Nous retenons à l’issue de ce travail que les facteurs de risque cardio-vasculaire sont bien présents au sein du personnel de l’hôpital national de Niamey. L’obésité abdominale, la sédentarité et le surpoids constituaient les facteurs de risques majoritairement retrouvés dans respectivement 45%, 43% et 43%. La notion   sur  les   facteurs   de   risque cardio-vasculaires est connue, d’où la nécessité de prendre les mesures pour prévenir les événements cardio-vasculaires.

 

 

 

 

              Figure 1 : Répartition des enquêtés en fonction de l’existence réelle des facteurs de risque cardiovasculaires

 

 

Tableau 1

Répartition des enquêtés en fonction de la profession

 

Fonction

Nombre de cas

Pourcentage %

Infirmier (e)

93

   46,50

Médecin

66

33

Technicien de laboratoire

34

17

Technicien en santé mentale

  4

  2

Assistante sociale

  3

     1,5

TOTA

200

100

 

Tableau 2

 Répartition des enquêtés en fonction de leur service

 

Service

Nombre de cas

Pourcentage %

Spécialités médicales

73

36,5

Laboratoire

33

16,5

Spécialités chirurgicales

23

11 ,5

Urgences médicales

20

           10

Aiguillage pédiatrique

15

 7,5

Urgences chirurgicales

  3

  1 ,5

Autres

33

16,5

Total

200

          100

 

 



Tableau 3

Répartition des enquêtés en fonction des antécédents familiaux

 

Antécédents familiaux

Oui

Non

NSP

N

%

N

%

N

HTA

91

45,50

106

53

3

Dyslipidémie

22

11

160

80

      18

Diabète

36

18

158

79

6

AVC

22

11

175

    87,50

     4,82

Mort subite

11

  5,50

184

92

5

 

Tableau 4

Répartition des enquêtés en fonction du type d’activité physique pratiquée

 

Type d’activité physique

Nombre de cas

%

Football

           17

   50

endurance

8

23,53

Exercices physiques

4

11,76

Marche

4

11,76

basketball

1

 2,94

Total

           34

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