CF16. Physiopathologie de l’obésité
Conférencier : L. Medenou 1,2,3, C. Adjovi 1,2, B. Awede 1,2,J. Tohngodo 1,2
1 Unité d’enseignement et de recherche en physiologie humaine faculté des sciences de la santé
2 Centre de Recherche en Sciences Morphologiques Fonctionnelle Humaines (CRS-MORFOH)
3 Centre de dépistage de traitement et de suivi des diabétiques
Introduction : L’obésité se définit comme une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé. Il s’agit d’une véritable pandémie mondiale avec une forte morbi-mortalité. Au Bénin les enquêtes STEPS de 2015 estimaient la prévalence de l’excès pondéral à près de 25% de la population. De nombreux mécanismes physiopathologiques sont impliqués dans la genèse et dans les complications de l’obésité.
Contenu : Les facteurs étiopathogéniques impliqués dans la genèse de l’obésité sont surtout les facteurs génétiques, environnementaux, l’hygiène de vie, l’âge et une altération du microbiote intestinal. Ces facteurs ont tendance à créer et/ou entretenir un déséquilibre de la balance énergétique en faveur des apports, supérieurs aux dépenses. Au plan histo-physiologique l’obésité va se traduire par une raréfaction du tissu adipeux brun qui a des propriétés cardioprotectrices. Le tissu adipeux blanc va quant à lui subir une hypertrophie et une hyperplasie ainsi qu’une modification de son profil sécrétoire avec une surproduction de leptine et une diminution de l’adiponectine. En outre ce tissu blanc sera infiltré par les cellules immunitaires donnant lieu à une inflammation qui va conditionner une insulinorésistance. Si ces anomalies se maintiennent dans le temps, elles conduiront à une fibrose du tissu adipeux qui va perdre sa capacité d’expansion ce qui va générer une lipotoxicité, un stress oxydatif, et un état pro inflammatoire. Ces anomalies constituent le continuum physiopathologique commun à de nombreuses maladies cardiovasculaires. Ainsi des pistes thérapeutiques potentielles ciblent soit le tissu adipeux blanc soit la protection du tissu adipeux brun, soit le phénomène inflammatoire en cours dans le tissu adipeux ou enfin le microbiote intestinal. Au nombre de ses méthodes thérapeutiques les plus efficaces à ce jour restent l’activité physique une meilleure alimentation mais également des thérapeutiques telle que les agonistes du GLP1 ou les Glitazones pour les patients diabétiques.
Mots clés : Obésité, tissu adipeux, adipokines, maladies cardiovasculaires.

